Les effets du décrochage

Vous vivez une situation
de décrochage

Faire nos devoirs

Seulement 72% des jeunes du Québec obtiennent leur diplôme d'études secondaires avant l'âge de 20 ans

Voilà un puissant signal d’alarme, l’incitatif béton qui devrait nous pousser à mettre en œuvre une série d’actions concrètes afin de réduire le décrochage.

En échange d’un sourire, d’une amitié, du sentiment d’avoir fait sa part ou d’un reçu d’impôt — c’est selon —, un jeune peut, à la suite de notre implication, découvrir de nouvelles passions, se sentir appuyé dans ses projets, élever son estime de soi, évoluer dans un milieu plus stimulant pour apprendre et… rester à l’école. C’est souvent après un succès que le décrocheur retrouve une bonne estime de soi. Et pour qu’il puisse se réaliser, il faut d’abord qu’il atteigne un but, un succès, quel qu’il soit, qu’il se sente valorisé et qu’il prenne confiance. Nous devons participer à la réussite des jeunes et demeurer disponibles, car chaque implication contribue peut-être à faire un décrocheur de moins.

D’abord et avant tout, quel que soit le lien que nous entretenons avec les étudiants — qu’ils soient nos enfants, nos voisins, nos amis —, notre rôle est de les encourager à poursuivre leurs études. S’intéresser réellement à leur école, à leurs projets scolaires, à leurs ambitions, c’est déjà une façon toute simple d’intervenir. Et c’est là notre devoir à tous. Chaque fois qu’on manifeste de l’intérêt pour son école, le jeune reçoit le message que ses études sont importantes.

Puis, auprès des établissements scolaires du quartier ou des organismes qui font une différence auprès des jeunes décrocheurs, on s’informe. Ont-ils besoin d’une heure ici et là ? de biens qui vont permettre aux jeunes de réaliser un projet ? de quelques dollars ? Ai-je une passion à partager ? Existe-t-il dans mon entourage des gens d’affaires ou des artistes qui, eux aussi, pourraient donner un coup de main ?

Il serait facile — et tentant — de remettre toute la responsabilité aux différents paliers gouvernementaux. Mais pourquoi ne pas prendre l’initiative et faire preuve de créativité ? Les causes du décrochage sont multiples, les moyens pour le combattre doivent l’être aussi.

Des initiatives qui fonctionnent

Aux États-Unis et au Canada, il existe plusieurs exemples d’initiatives qui ont donné des résultats positifs et ont contribué à ce que plusieurs élèves persévèrent dans leurs études. Bien qu’il n’existe pas de modèles sans failles, plusieurs mènent vers des pistes de solutions efficaces.

Le programme High/Scope Perry Preschool

Conçu par l’Université du Michigan, ce programme de deux ans s’adresse aux enfants âgés de 3 et 4 ans provenant de milieux défavorisés. Des éducateurs formés travaillent en collaboration avec les familles sur les approches de développement de l’apprentissage, l’éveil à la lecture, le langage et la communication, le développement social et affectif, la santé et le bien-être ainsi que les arts et les sciences. Chaque éducateur est responsable de 5 à 7 enfants en moyenne.
Résultat : une baisse de 38 % du décrochage.

Le programme Check & Connect

Imaginé par l’Université du Minnesota, ce programme s’efforce d’identifier les jeunes à risque au secondaire et leur apporte une aide spécifique. L’approche s’appuie sur une collaboration de plusieurs spécialistes œuvrant dans le milieu. Les jeunes visés sont encadrés au quotidien. Chacun bénéficie de l’aide d’un « coach ». La réussite du programme est intimement liée à la relation et aux liens de confiance que les jeunes développent. Pendant deux ans, l’élève à risque bénéficie d’un encadrement unique qui facilite sa réussite scolaire.
Résultat : une baisse de 33 % du décrochage.

Le programme The Pathways to Education Program

Mis sur pied à Toronto, ce programme s’appuie sur la signature d’un contrat entre les parents et les étudiants qui s’engagent à le respecter pendant cinq ans. Le jeune peut compter sur l’aide d’un « coach » qui l’accompagnera tout au long de sa démarche. Lorsqu’il obtient son diplôme, il reçoit une bourse d’études s’il choisit de poursuivre des études supérieures. Bien qu’il soit relativement coûteux, ce programme présente des résultats impressionnants. Une étude comparative a démontré que les résultats de ces étudiants se rapprochent de ceux des jeunes des quartiers mieux nantis de Toronto.
Résultat : une baisse de 86 % du décrochage.

Le programme Career Academies

Ce programme a été mis en place dans un secteur de Philadelphie aux prises avec de nombreux problèmes sociaux : violence, pauvreté, chômage chez les jeunes. Comme les employés qualifiés étaient devenus une denrée rare, les entrepreneurs du secteur ont décidé d’aider les jeunes à bâtir leur CV, de faciliter l’accès à des stages en milieu de travail et d’assurer une plus grande stabilité entre les professeurs et les étudiants pendant la durée du programme.
Résultat : une baisse de 34 % du décrochage.

Consulter le rapport du Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires au Québec