Les effets du décrochage

Vous vivez une situation
de décrochage

Pour nos décrocheurs

800 000 Québécois se classent au plus bas niveau de compétence en lecture

Un jeune ne décide pas du jour au lendemain d’abandonner l’école. Plusieurs facteurs interagissent les uns avec les autres, et cela s’étend sur plusieurs années : situation familiale difficile, pauvreté, échecs scolaires à répétition, faible estime de soi, rejet des pairs… chaque décrocheur a son histoire. Démotivé, il en vient à percevoir le marché du travail comme une solution.

Déjà là, il doit composer avec une difficulté de taille : se trouver un emploi. Si, autrefois, il était facile de trouver du travail sans être qualifié, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Les emplois ne nécessitant pas de qualifications sont généralement précaires, conduisent davantage au chômage et sont synonymes de revenus plus faibles. L’absence de diplôme maintient souvent les décrocheurs dans la pauvreté.

D’autres drames guettent aussi leur vie. Cela peut aller de l’angoisse de voir leur CV rejeté à l’incapacité de suivre le rythme effréné d’une société qui évolue sans cesse. Les statistiques démontrent que, de façon générale, nos décrocheurs ont une espérance de vie plus courte et sont, à l’âge adulte, plus sujets à la dépression.

Rappelons que, présentement, 800 000 Québécois âgés de 16 à 65 ans se classent au plus bas niveau de compétence en lecture et sont carrément considérés comme analphabètes. Pour eux, chaque journée représente un réel défi.

Pour la société

Une seule cohorte de décrocheurs coûte à l'État la somme astronomique de 1,9 milliard de dollars.

Aujourd’hui, le décrochage représente sans doute la meilleure façon de s’appauvrir collectivement. Une seule cohorte de décrocheurs coûte à l’État la somme astronomique de 1,9 milliard de dollars. Le manque à gagner et les coûts sociaux liés à un décrocheur permanent s’élèvent à 120 000 $ en valeur actualisée.

Outre le fait que l’abandon scolaire engendre des coûts, les décrocheurs sont une précieuse main-d’œuvre dont on se prive. Ils font moins rouler l’économie (un décrocheur aura gagné dans sa vie 439 000 $ de moins qu’un diplômé du secondaire) et sont généralement des citoyens moins impliqués que la moyenne : ils votent moins, vont moins donner du sang et font moins de bénévolat.

Mais au-delà des questions d’argent, le décrochage implique une série de drames humains qui affectent la liberté de chacun de développer ses talents et d’en faire profiter toute la société. S’épanouir et rendre possible la réalisation de ses rêves sont des objectifs plus difficiles à atteindre pour un décrocheur. Nous devons imaginer des outils qui leur permettront de s’intéresser à l’école.

Consulter le rapport du Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires au Québec